Guillaume Perret's Soundtrack for 16 Sunrises

La bande originale de Guillaume Perret pour 16 levers de soleil

Un artiste Syos a composé la musique d’un documentaire sur l’astronaute Thomas Pesquet.

 

Dix ans après Blackstar, le dernier album de David Bowie En train de lire La bande originale de Guillaume Perret pour 16 levers de soleil 5 minutes

Lorsque l’astronaute français Thomas Pesquet a décollé pour la Station spatiale internationale en novembre 2016, son saxophone n’a pas pu partir avec lui. Les contraintes de poids extrêmement strictes imposées aux missions spatiales laissent peu de place aux objets personnels, et encore moins aux instruments de musique. Quelques mois après le début de sa mission, sa famille est finalement parvenue, avec l’aide de l’Agence spatiale européenne, à lui faire parvenir son saxophone à bord d’un cargo de ravitaillement, à l’occasion de son anniversaire.

Au cours de son séjour dans l’espace, Pesquet a joué du saxophone à l’intérieur du célèbre dôme de l’ISS. Une scène aussi insolite que fascinante, captée par une équipe de tournage française qui suivait sa mission depuis plus d’un an.

Le documentaire qui en est issu s’intitule 16 levers de soleil (16 Sunrises). Réalisé par Pierre-Emmanuel Le Goff et produit par La Vingt-Cinquième Heure et Prospect TV avec le soutien du CNC, ce long métrage documentaire a bénéficié des autorisations de la NASA et de l’ESA avant de sortir en salles le 3 octobre 2018.

 

La bande originale a été composée et interprétée par Guillaume Perret, saxophoniste, compositeur et artiste Syos français.

Comment l’artiste Syos Guillaume Perret a obtenu ce projet
L’équipe à l’origine de 16 levers de soleil connaissait déjà le travail de Guillaume. L’un de leurs précédents documentaires, The Right Stuff, utilisait plusieurs morceaux issus de ses albums. Lorsqu’ils ont lancé ce nouveau projet, avec des images tournées depuis la Station spatiale internationale et même la possibilité d’enregistrer une partie directement dans l’espace, ils ont naturellement pensé à lui.

« Évidemment, j’étais incroyablement enthousiaste », a raconté Guillaume à Alternative Radio.

Il a envoyé à Thomas Pesquet la partition de l’un de ses morceaux par email, et l’astronaute a enregistré une partie de saxophone en apesanteur.

Principalement connu pour son travail avec son groupe The Electric Epic, Guillaume avait déjà publié trois albums avant cette aventure. Il n’a jamais considéré cette commande comme un simple projet annexe, mais plutôt comme l’occasion de construire un véritable album autour de cette expérience unique. La bande originale, publiée sous le même titre que le film, est sortie le 28 septembre 2018, quelques jours seulement avant la sortie du documentaire en salles.

Composer pour l’orbite
Pour écrire cette musique, Guillaume s’est nourri des images de la station spatiale, de la Terre vue depuis l’espace et de l’immensité du cosmos.

« Je me suis mis à la place de Thomas Pesquet », expliquait-il au CNC. « J’ai simplement écouté la musicalité des émotions, les sensations d’un décollage de fusée ou de l’apesanteur. Je me suis laissé guider. »

Le cahier des charges était particulièrement ambitieux.

« On m’a demandé de créer une musique qui représenterait le chant de la Terre, un dialogue entre Thomas et la planète, afin de créer une tension », raconte-t-il. « L’agence américaine m’a envoyé des communications et d’autres éléments. De mon côté, j’avais plusieurs enregistrements et fichiers. J’avais vraiment à cœur d’intégrer des sons de planètes ainsi que des ambiances enregistrées à bord de la Station spatiale internationale. »

L’album intègre ainsi de véritables sons provenant de l’ISS, mais aussi des enregistrements de fréquences émises par certaines planètes.

Le processus de création a commencé très rapidement avant de s’étaler sur plusieurs mois. Guillaume a d’abord répété pendant deux jours avec ses musiciens avant d’entrer en studio pour deux à trois jours d’enregistrement. Puis sont venus près de cinq mois de travail de postproduction avec son ingénieur du son, à assembler, superposer et sculpter les morceaux jusqu’à obtenir la version finale de l’album.

Écouter la bande originale
Pour un album consacré à un voyage dans l’espace, 16 levers de soleil explore un territoire musical étonnamment vaste.

Le saxophone de Guillaume est présent tout au long du disque, mais son rôle évolue constamment. Tantôt voix principale, tantôt élément de texture, tantôt presque fondu dans les nappes sonores, il accompagne chaque étape du voyage sans jamais se répéter.

L’atmosphère générale est à la fois pleine d’espoir et profondément humaine. Une certaine étrangeté traverse l’ensemble du disque, mais les passages plus rugueux ne sont jamais loin.

A Certain Trip 1 et Alea Jacta Est explorent des territoires plus tendus et atmosphériques. A Certain Trip 2 bifurque soudain vers des influences groove héritées du hip-hop des années 90, évoquant par moments A Tribe Called Quest, avant que l’album ne reprenne sa trajectoire vers des paysages plus vastes.

Lost in Space plonge dans un univers ambient et drone, à la fois retenu et habité. Le saxophone y apparaît sous un jour totalement différent de celui entendu sur le reste du disque.

Dans la Paume de Gulliver introduit une collaboration avec un rappeur contemporain. Amerika revisite l’hymne américain à travers le regard singulier de Guillaume, avec un saxophone déformé, étrange et profondément personnel.

Enfin, Song of the Earth ramène l’auditeur vers des paysages ambient plus chaleureux. Plus accueillants. Plus lumineux aussi. On y ressent l’idée d’un retour, d’un accomplissement, comme si le voyage touchait enfin à sa destination.