La réponse courte : Oui, dans la très grande majorité des cas, vos dents du haut doivent légèrement toucher (reposer sur) le bec du saxophone. Cette embouchure standard, dite embouchure simple (dents supérieures sur le bec, lèvre inférieure repliée sur les dents du bas), offre la stabilité et le contrôle nécessaires pour produire un bon son. Les débutants, surtout en jazz, sont encouragés à l’adopter. L’alternative, la double’embouchure (les deux lèvres repliées sur les dents, sans aucun contact des dents avec le bec), est très rarement utilisée aujourd’hui. Elle demande une maîtrise musculaire bien plus importante et est fortement déconseillée aux débutants.
Embouchure à une lèvre vs. à deux lèvres
Pour comprendre pourquoi les dents doivent toucher le bec, il faut comparer les deux approches :
- Contact avec le bec : En embouchure à une lèvre, les dents du haut reposent sur le bec tandis que la lèvre inférieure amortit l’anche. En embouchure à deux lèvres, les deux lèvres sont repliées vers l’intérieur : aucun contact direct des dents avec le bec. La lèvre supérieure fait office de coussinet entre les dents et le bec.
- Stabilité et endurance : Poser les dents du haut sur le bec crée un point d’ancrage stable. Cela permet de maintenir le sax sans exercer trop de pression avec la mâchoire, réduisant ainsi la fatigue. L’embouchure à deux lèvres, sans ce point fixe, repose uniquement sur la force des lèvres, ce qui est plus fatigant et moins stable sur la durée.
- Sonorité et projection : L’embouchure à une lèvre produit généralement un son plus clair et plus projeté — l’une des raisons de son adoption en jazz. Les dents ancrées facilitent la vibration de l’anche avec puissance et précision. L’embouchure à deux lèvres donne souvent un son plus doux et plus sombre, mais moins percutant, ce qui peut poser problème en contexte bruyant.
- Confort : Beaucoup de débutants trouvent les vibrations sur les dents du haut déstabilisantes au début. Mais on s’y habitue vite avec l’embouchure à une lèvre (et une pastilleprotège bec peut aider à absorber les vibrations). En embouchure à deux lèvres, toutes les vibrations passent par les lèvres — plus de contact avec les dents — ce qui semble plus confortable... sauf que votre lèvre supérieure fait alors tout le travail. Elle est bien moins robuste que vos dents, ce qui peut devenir douloureux. Comme disait le clarinettiste Al Gallodoro : « Mieux vaut avoir une seule lèvre qui souffre que deux ! »
- Contrôle : La plupart des musiciens (et professeurs) s’accordent à dire que l’embouchure à une lèvre offre un meilleur contrôle de l’anche et de la justesse, surtout dans l’aigu. Le contact des dents stabilise le bec, ce qui aide à garder un son et un accord constants. L’embouchure à deux lèvres demande plus de force musculaire pour arriver au même résultat, et les suraigus sont souvent plus difficiles à maîtriser.
Conclusion : Pour quasiment tous les saxophonistes (surtout en jazz), l’embouchure simple est la norme. Selon l’enseignement classique, on place les dents du haut sur le bec (environ 1,5 cm depuis la pointe, d’après Larry Teal), ce qui sert de base stable pendant que la lèvre inférieure et les coins de la bouche gèrent les vibrations de l’anche. L’embouchure à deux lèvres est aujourd’hui marginale.
L’approche jazz standard
L’embouchure simple présente des avantages pratiques en jazz. On cherche souvent un son puissant, projeté, et la possibilité de jouer longtemps (concerts, répétitions). Poser les dents sur le bec facilite un son clair et brillant qui perce bien dans un groupe. Cela réduit aussi la tension : le poids de la tête reposant sur le bec via les dents supérieures permet de ne pas mordre trop fort avec la mâchoire.
À l’inverse, l’embouchure à deux lèvres était plus courante au milieu du XXe siècle chez les clarinettistes et saxophonistes classiques (elle est parfois appelée « embouchure française »). Même John Coltrane aurait expérimenté avec cette technique (en repliant sa lèvre supérieure), mais cela reste une exception. La plupart des grands noms du jazz, de Charlie Parker aux musiciens actuels, utilisent une embouchure à une lèvre avec les dents sur le bec.
Cela dit, il n’existe pas une seule façon de jouer pour tout le monde. Certains experts notent que chaque embouchure a sa propre sensation et sa propre couleur sonore. Par exemple, le saxophoniste JD Allen explique que l’embouchure à une lèvre donne une impression de précision et de facilité technique, tandis que l’embouchure à deux lèvres (pour ceux qui la choisissent) peut offrir une palette sonore différente. En jazz, quasiment tout le monde joue avec l’embouchure à une lèvre, mais c’est intéressant de comprendre pourquoi. Il existe encore quelques raisons d’explorer la double’embouchure, que vous pouvez découvrir dans cet article.
Coussinets de bec et conseils pour débutants
Les pastilles protège bec protègent votre matériel et vos dents, tout en amortissant les vibrations qui peuvent être désagréables au début. Elles rendent l’embouchure classique bien plus confortable pour les débutants.
Un conseil simple pour commencer : utilisez une pastille. C’est un petit adhésif en caoutchouc ou en silicone que l’on colle sur la partie supérieure du bec, là où reposent les dents.
Pourquoi en mettre un ?
- D’abord, cela protège le bec contre les marques ou les impacts provoqués par vos dents (et un bec, ça coûte cher !).
- Ensuite, le coussinet amortit les vibrations ressenties par les dents. Il agit comme un filtre entre le bec et vous, évitant l’effet « crâne qui vibre » et vous permettant de vous concentrer sur le son.
- Enfin, il donne un peu plus de grip à vos dents, pour garder une embouchure stable sans glisser.
Les pastilles sont peu chères et largement utilisés, tous niveaux confondus. On en trouve dans tous les magasins de musique ou en ligne. (Syos, par exemple, propose des coussinets translucides qui protègent votre bec et réduisent les vibrations.) Ils sont vivement recommandés aux débutants pour rendre l’embouchure plus confortable.
Ce qu’il faut retenir : gardez une embouchure ferme mais sans tension. Vos dents du haut doivent reposer sur le bec avec une pression légère : juste assez pour stabiliser, sans mordre. La lèvre inférieure, repliée sur les dents, amortit l’anche. Évitez de mordre avec la mâchoire : ce sont les coins de la bouche, la pression des lèvres et le souffle qui font le travail. Si vous sentez que vous mordez trop, testez brièvement l’embouchure double— vous sentirez tout de suite si vous forcez trop, car vos lèvres se fatigueront vite ! Mais pour jouer normalement, restez sur l’embouchure à une lèvre, surtout en jazz. Avec une bonne base (et peut-être un coussinet bien choisi), vous obtiendrez un excellent son sans douleur ni fatigue inutile.
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